Parrainage

                                                                              Lyon, le 24 septembre 2015

Monsieur, Madame, Chers parents d’élèves, Chers amis des Chartreux,

Je viens vous demander d’aider « notre » Collège Saint Georges à Zalka au Liban, à continuer à accueillir des enfants déshérités, sans moyens financiers. Je viens vous demander d’aider le Supérieur du Collège à accueillir des petits Syriens, enfants de la guerre, premières victimes de la barbarie humaine.

Commentant l’expression «  dormir du sommeil du juste », Jules Renard écrit que le juste ne devrait pas pouvoir dormir. Jamais. Le monde va, plein de peines et de douleurs, de peuples terriblement accablés parfois par un environnement naturel hostile ou violent, plus souvent hélas par le déchaînement de la folie humaine, de ses compromissions les plus aveugles avec le mal. Des villes entières, des colonnes innombrables d’enfants, d’hommes, de femmes, de jeunes et de vieillards quittent leur pays, à cause de leur identité religieuse, à cause de la faim, à cause de la peur d’être broyés par ces conflits qui les dépassent et d’y laisser la vie.

Non, le juste ne devrait pas pouvoir dormir. Hélas, cette misère là, pourtant si proche de nous, nous laisse souvent impuissants. Le cœur nous invite aux formes parfois les plus extrêmes de la générosité ; la raison sitôt s’en mêle pour que le débat soit aussi posé à froid : que faire, comment le faire, dans la durée ? Questions si légitimes !

Vous savez que la France est en train d’accueillir 24 000 Syriens.  C’est sans doute son devoir. Il y a d’ailleurs si longtemps que notre pays accueille celui qui s’exile à cause de la guerre, de la faim, de ses valeurs !

Savez-vous que de son côté, le Liban a ouvert ses frontières à plus d’un million de Syriens ? Et qu’ils ne disposent pas nécessairement des moyens, à l’échelle de la nation, qui sont les nôtres pour accueillir ces enfants, ces hommes et ces femmes qui arrivent parfois sans rien ?

Savez-vous que « notre » Collège libanais, sous l’impulsion généreuse de Père Paul, son Supérieur, accueille depuis le début de la guerre, des enfants qu’il faut nourrir, scolariser, apaiser tant ils doivent être pour certains pleins d’images abominables ?

En rejoignant par nos moyens, petits ou grands, le Collège Saint Georges, en acceptant, par notre association de jumelage Les Chartreux- Saint Georges, de soutenir, de parrainer un enfant libanais ou syrien, nous prenons directement part, grâce à cette « base avancée » à l’accueil des migrants, des innocents persécutés.

Le Père Paul sait bien comment utiliser les moyens que nous lui envoyons. Qui doit, qui devra en bénéficier en premier lieu. Nous sommes certains que par nos dons, des enfants continueront à être des enfants, si possible loin des horreurs auxquelles hélas, ils ont déjà été confrontés.

Vous savez que ces dons là sont déductibles de nos impôts. Il n’est pas de petit don ou de don important. Il n’est que des paroles ou des gestes du cœur dont Dieu seul connaît le secret.

Certes, les temps sont durs en France aussi, pour d’autres raisons. Que personne ne se fasse une obligation de ma demande. Faisons comme nous pouvons, faisons ce que nous pouvons.

Pour eux, pour mon ami le Père Paul, pour ces enfants du Liban, de la Syrie, merci.

Qu’advienne la paix !

Je vous assure de mes sentiments très reconnaissants et respectueux.

Le Président

P. JB. Plessy